
La santé maternelle demeure un enjeu majeur de santé publique au Togo comme dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Afin de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle liée aux complications des avortements non sécurisés, une session de formation dédiée aux soins après avortement (SAA) et à la contraception post-avortement a été organisée à Lomé du 30 mars au 03 avril 2026 à l’Hôtel Saint Paulos.
Cette formation a été mise en œuvre par la Division de la Santé Maternelle et Infantile et de la Planification Familiale avec l’appui de la Société de Gynécologie et d’Obstétrique du Togo.
Une réponse aux défis de la mortalité maternelle
Les complications liées aux avortements non sécurisés constituent une cause importante de mortalité maternelle dans le monde. Selon les estimations internationales, plus de 21 millions d’avortements non sécurisés sont pratiqués chaque année, entraînant des milliers de décès et de nombreuses invalidités.
Au Togo, les données du système de santé montrent que les services de santé maternelle enregistrent chaque année plusieurs milliers de cas d’avortement, dont une partie résulte d’interruptions de grossesse provoquées dans des conditions non sécurisées. Face à cette réalité, les soins après avortement (SAA) représentent une stratégie essentielle pour :
- Traiter efficacement les complications ;
- Prévenir les décès maternels ;
- Offrir un accompagnement et un conseil adaptés aux patientes ;
- Prévenir les grossesses non désirées grâce à la planification familiale.
- Former les prestataires pour améliorer la qualité des soins
La formation a réuni 20 prestataires issus des formations sanitaires de la région du Grand Lomé, principalement des sages-femmes. L’objectif général était de renforcer leurs compétences afin d’améliorer l’offre de services de soins après avortement de qualité dans leurs structures respectives.
- Plus spécifiquement, les participants ont été formés à :
- l’évaluation clinique des femmes présentant des complications liées à un avortement ;
- la maîtrise des différentes méthodes d’évacuation utérine, notamment l’aspiration manuelle intra-utérine (AMIU) et les méthodes médicamenteuses ;
- la prise en charge des complications avant, pendant et après l’intervention ;
- le counseling et l’offre systématique de méthodes contraceptives après avortement.
- Une formation pratique et participative
L’atelier s’est déroulé sur cinq jours et a combiné :
- des exposés interactifs ;
- des études de cas et jeux de rôle ;
- des travaux en groupe ;
- des démonstrations sur modèles anatomiques ;
- des pratiques cliniques en situation réelle dans les maternités identifiées.
Cette approche pédagogique a permis aux participants d’acquérir à la fois les connaissances théoriques et les compétences pratiques nécessaires pour assurer une prise en charge efficace et sécurisée des patientes.
Un engagement pour la santé des femmes
La formation a été facilitée par des spécialistes en gynécologie et obstétrique, notamment le Prof. Akila BASSOWA, chef du service de gynéco-obstétrique du CHU Campus, et Dr. Romario MAWOUGBE.
À l’issue de la session, les participantes ont élaboré des plans d’action pour améliorer l’offre de soins après avortement dans leurs structures sanitaires.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts continus visant à renforcer les capacités du personnel de santé et améliorer la qualité des services de santé sexuelle et reproductive, contribuant ainsi à sauver la vie de nombreuses femmes et jeunes filles.





